« Je rêve de montrer aux jeunes entrepreneurs que l’on peut travailler ensemble ! » Florence POUZENC, notaire à Paris

PORTRAIT DE NOTAIRE NCE

« Je rêve de montrer aux jeunes entrepreneurs que l’on peut travailler ensemble ! »

Florence Pouzenc
Notaire à Paris

Après quinze années passées dans une étude notariale normande, Florence Pouzenc a choisi de devenir associée d’une étude parisienne. Une façon de sortir de sa zone de confort, et de développer son activité de conseil en droit des affaires dans le secteur des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, loin des schémas classiques du notariat.

Le parcours est au départ somme toute classique. Faculté de droit deux ans de stage. « Le notariat n’était pas du tout dans les gènes de la famille. Je ne connaissais pas le monde du droit, je suis entrée à la fac pour devenir avocate, et j’ai fait un stage dans une petite étude de la Sarthe. Ils étaient proches de leurs clients, à l’écoute, dans l’humain. Mon patron recevait tout le monde de la même manière, les riches, les plus modestes, pour lui il n’y avait jamais de « petit dossier ». C’est grâce à cet homme, que j’ai pris conscience que c’était le métier que je voulais exercer. »

Elle bouge au grès des mutations de son mari militaire, d’abord comme collaboratrice puis comme Notaire associée à Cherbourg. 15 années passées sous le ciel changeant normand à approfondir son expertise dans tous les domaines, droit immobilier, droit de la famille, droit patrimonial, et en même temps à développer un secteur qui l’avait toujours attirée : le droit des affaires. « J’ai toujours cherché à avoir cette double casquette de notaire à la fois généraliste et spécialiste. C’est notre force, avoir cette vision à 360 degrés. Et c’est pour cela que de plus en plus de dirigeants nous demandent de les accompagner dans leurs projets d’entreprise ».

Elle prend sa part à l’évolution de la profession, suit les transformations, les mouvements de fond, regarde la loi Macron passer, trouve que la méthode est un peu musclée mais que sur le fond, il n’y a pas grand-chose à redire. « L’ouverture à la concurrence a mis un grand coup de pied dans la fourmilière, ça nous a boosté et cela a permis aux jeunes d’entrer dans la profession. Le notariat est en perpétuelle évolution, qui se souvient que nous avons mis en place la signature électronique il y a 20 ans ? Depuis que j’ai commencé, tout a considérablement changé, il y avait moins de femmes, le statut de notaire salarié ne se pratiquait pas beaucoup. Ces évolutions ont apporté beaucoup de choses positives dans les études. »

Cette spécialiste du droit de la famille passée par la case Droit des affaires a décidé en arrivant à Paris de se concentrer sur un secteur qui l‘attire depuis longtemps, celui du digital. « Les entreprises du digital sont un marché de niche mais ce sont de nouveaux chefs d’entreprise très peu accompagnés, à part par des avocats spécialisés dans la propriété intellectuelle. Parfois, ils ne pensent même pas à déposer leur marque, leur nom de domaine, ils ne savent même pas si leur e-shop leur appartient vraiment ou s’il n’est pas, de fait, à l’agence digitale qui l’a créé, ils ont beaucoup de mal à organiser leur job alors ils viennent me voir, et nous remettons tout à plat. »

Organisation des structures, nouvelle gouvernance en cas de levée de fonds, protection du capital immatériel, Florence Pouzenc les accompagne pour sécuriser leur environnement dans sa globalité. « J’espère que nous serons de plus en plus de notaires à accompagner ces entrepreneurs d’un nouveau genre. Ce sont des entrepreneurs jeunes qui ne pensent pas à venir nous voir, ils ont encore l’image du « vieux notaire ». Nous avons certes un décalage générationnel mais nous pouvons leur apporter beaucoup. Je rêve un jour que les jeunes entrepreneurs du web poussent naturellement la porte d’une étude notariale ! Nous aurons ce jour-là fait un grand pas. »