« Nous sommes des traits d’union entre les différents moments de la vie de nos clients» CHRISTINE SOL DOURDIN, 53 ANS, NOTAIRE A ROANNE.

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« Nous sommes des traits d’union entre les différents moments de la vie de nos clients ».

Christine SOL DOURDIN, 53 ANS, notaire à Roanne.

32 ans après avoir débuté, Christine Sol Dourdin évoque toujours son métier de notaire avec le même enthousiasme. Un parcours construit comme une évidence, mais surtout une histoire familiale qui la pousse à choisir une profession qui la protège. « J’ai passé mon enfance à l’étranger, au Maroc. C’est une expérience de vie inestimable, mais je crois que cela ancre en vous, quelque part, un sentiment inconscient de fragilité. Cela explique sans doute en partie mon choix d’une profession stable, qui apporte une certaine sécurité, et qui a aussi pour but de protéger les autres » explique cette notaire de 53 ans.

Après avoir été pendant 13 ans collaboratrice au sein d’une étude, elle passe son diplôme pour devenir notaire à part entière. « Je voulais être indépendante, sans lien de subordination même si le premier notaire avec qui j’ai travaillé m’a tout appris et a été un vrai père spirituel. Et puis, je trouvais cela formidable que la profession se féminise. Lorsque je me suis installée, j’étais la première femme de la commune à être nommée notaire associée. C’était compliqué à l’époque, heureusement ça l’est beaucoup moins aujourd’hui ; même si cela me fait toujours sourire de voir que dans des réunions, les clients donnent naturellement du « Maître » à mes confrères masculins, et se contentent souvent d’un « Madame » pour nous les femmes. Cela montre qu’il y a encore un peu de job ! »

Cette profession lui a ouvert un champ des possibles immense. Droit de l’immobilier, droit de la famille, droit rural, droit commercial elle accompagne ses clients en privilégiant toujours la médiation pour essayer de leur montrer qu’avec un peu de bonne volonté, on peut souvent trouver un terrain d’entente qui contente les différentes parties en présence. « Nous aidons les gens à être dans la transmission, ce n’est pas toujours facile, mais c’est grâce à leurs qualités humaines que les notaires construisent cette relation privilégiée avec leurs clients, tout au long de la vie. »
Très rapidement, elle souhaite ajouter une corde à son arc : le droit des affaires. Un secteur qui correspond sans doute pleinement à son caractère énergique et bien trempé. Elle fait partie du premier groupe de notaires labellisés «Notaire Juriste d’Entreprise » en 2014. « Je crois que je suis totalement en phase avec les dirigeants que j’accompagne, confie-t-elle. Je suis de près toutes les évolutions législatives, juridiques, fiscales pour leur apporter au quotidien les conseils les plus appropriés.

Elle concède que les notaires se sont éloignés trop longtemps du droit des affaires, et qu’il y a aujourd’hui un réel travail d’évangélisation des chefs d’entreprise à mener pour rattraper le retard. « Je ne voulais pas que mes clients partent chercher du conseil ailleurs. C’était important de pouvoir les accompagner ici. Nous avons développé nos compétences, et nous leur avons montré que nous étions capables d’être au plus près de leurs préoccupations, ils nous ont fait confiance. Je connais les caractères de mes clients, leur état d’esprit, leur environnement familial, leurs contraintes. Cela me permet d’avoir une analyse assez juste de leur situation, et c’est cette connaissance parfaite de leur parcours qui a fait que ce sont devenus des clients fidèles, même quand leurs structures s’agrandissent. »

Au fil des années, elle voit la profession, et l’image que l’on peut en avoir, évoluer de façon considérable. « On aurait pu se voir errer. On a réussi le passage au digital. Aujourd’hui, la plupart des études ont mis en place des process dématérialisés, nous avons aussi su développer de nouvelles formes de gouvernance, tout cela a contribué à une réelle modernisation de notre profession et le grand public en a conscience. ». Même esprit positif face à l’ouverture facilitée de l’accès à la fonction de notaire. « La concurrence, c’est le moteur de l’anticipation. Cela nous oblige à construire l’avenir, à nous adapter, à nous améliorer. S’il n’y a jamais de remise en cause, on n’est pas à l’abri de s’endormir sur ses lauriers. Je suis quelqu’un d’optimiste, je suis sûre que cette ouverture de notre profession permettra au grand public de nous voir comme ce véritable acteur économique indispensable et incontournable, cet expert protecteur et spécialiste de la rédaction des conventions des parties».

Même si cette auteur-interprète ne cache pas sa passion pour le chant et n’exclut pas de s’y consacrer pleinement un jour, elle vient d’être élue Déléguée Consultatif de Cour d’Appel au Conseil Supérieur du Notariat, et continue à être une belle figure de proue du Notariat. « Nous n’avons pas de formation en psychologie, et pourtant, nous sommes des traits d’union entre les différentes étapes de la vie. Nous sommes là dans les moments essentiels, lorsque l’homme est affecté soit par la joie, soit par le stress ou par la peine. Les liens qui se créent entre eux et nous sont donc forcément très forts.»

Elle se souvient de ce client qui lui dit toujours « Au revoir Docteur » lorsqu’il quitte son bureau. C’est une immense satisfaction dont elle ne se lasse pas, même si à l’automne prochain, c’est un autre challenge qui devrait lui apporter une nouvelle poussée d’adrénaline : la sortie de son premier album. 14 chansons écrites pendant le confinement du printemps dernier. Infatigable.